Sébastien Selle

De sac de sable à commandant de bord...

Mon nom est Sébastien SELLE et je suis élève pilote de ligne. 

L'objectif de ce site internet est de vous relater mon évolution dans le monde de l'aéronautique et de vous faire participer à ma découverte de ce milieu fabuleux.

FCL.055

“Efficient communication is a key point in aviation safety”

C’est ainsi que démarre la vidéo d’introduction à l’examen du FCL055D par Air-English.

« Pour pénétrer dans un espace aérien, les pilotes d’un aéronef devront justifier d’un niveau d’expression et de compréhension suffisant de la langue utilisée dans les communications radiotéléphoniques. » (Source)

Le FCL055D est l’examen initial d’aptitude à la langue anglaise. Anciennement nommé FCL 1.200, il permet au pilote de voyager à l’étranger et d’utiliser la langue anglaise (ou la langue locale, s’il détient la qualification dans celle-ci) lors des communications radio.

 

Les renouvellements se nomment FCL 055 IFR ou FCL 055 VFR (plus d’infos ici ).

6 niveaux existent mais, pour les pilotes, la qualification n’est attribuée qu’à partir du niveau 4. La durée de validité de celle-ci est déterminée en fonction du niveau obtenu :

  • Niveau 4 -> Valable 4 ans
  • Niveau 5 -> Valable 6 ans
  • Niveau 6 -> Valable à vie

La DGAC avait la main mise sur cet examen jusqu’à ce qu’elle autorise des centres privés (LPO : Language Proficiency Organization) à délivrer cette qualification. Des centres tels que AEPS, Air Exam ou Air-English sont agréés et permettent d’obtenir le niveau 4 ou 5. La France faisant de la résistance au niveau européen, la DGAC ne reconnait pas le niveau 6 délivré par ces centres privés. Cela peut éventuellement changer à l’avenir, mais c’est une information qu’il ne faut pas négliger si on se sent assez à l’aise pour viser ce niveau.

En ce qui me concerne, j’ai choisi de passer mon examen avec Air-English. J’avais lu de bons retours d’expérience sur le forum Aeronet et -en toute honnêteté- il paraissait plus abordable que celui de la DGAC.

Le coût de l’examen varie entre 100 et 150 Euros. A noter qu’il est gratuit lorsque l’on est demandeur d’emploi et qu’on le passe avec la DGAC.

Comment se déroule l’examen ?

(Vous retrouverez la majorité des infos données ci-dessous dans cette vidéo )

Tout d’abord les 6 critères évalués tout au long de l’examen sont les suivants :

  • Prononciation
  • Structure
  • Vocabulaire
  • Aisance à l’oral
  • Compréhension
  • Interactions

Pour ce faire, l’examen est divisé en deux parties. La première se déroule sur ordinateur et la seconde en entretien face aux examinateurs Air-English et avec 2 autres candidats.

La note la plus basse des deux parties vous donne votre niveau final.                                   (60% < Niveau 4 < 70% < Niveau 5 < 90% < Niveau 6)

Le « Hello gentlemen » de notre examinatrice (une enseignante d’anglais en région toulousaine) du jour nous met tout de suite dans le bain car elle ne prononcera pas un mot de français de la matinée. Une rapide présentation de l’épreuve, inspection de l’identité des participants and let’s go !

La première partie se déroule sur ordinateur. L’écran est très petit (environ 10’’) alors – pour ceux qui en ont besoin – n’oubliez pas vos lunettes ! Mon conseil serait également de prendre ses propres écouteurs / casque car ceux fournis par Air English ne transpirent pas la qualité.

Durant cette partie, nous avons dû répondre à 15 questions de compréhension orale/écrite et de vocabulaire. Rien de bien sorcier mais les questions ne portent pas toujours sur ce que l’on pense être la partie la plus importante de l’extrait visionné ou écouté. Cependant, des indices sont parfois donnés avant l’écoute / le visionnage et permettent de se concentrer sur la partie dont on aura besoin pour répondre. Certaines vidéos peuvent êtres visionnées deux fois, d’autres non.

Il y a quatre types de réponse possible :

  • Vrai ou Faux
  • Choix multiple
  • Remettre dans le bon ordre
  • Texte à trou

Il y a bien sûr un temps limité pour chaque épreuve, mais celui-ci est peu contraignant. En général à la suite d’une écoute, on sait … ou on ne sait pas ! Prendre des notes est généralement une bonne idée, mais nul besoin de recopier tout ce que l’on entend / voit.

La plupart des sites de préparation se focalisant plus sur l’examen de la DGAC, le site LingAero (www.lingaero.com) est d’une grande aide car – même si sa banque de questions est assez limitée- il permet de se préparer aux questions types de l’examen. Il a également l’avantage, non négligeable, d’être gratuit.

Avant de quitter la salle informatique, chaque candidat visionne une vidéo qu’il devra ensuite décrire à son partenaire lors de la phase d’entretiens.

Une fois cette première partie terminée, on se retrouve tous en salle d’attente et le premier trio est appelé pour la phase d’entretiens. N’étant pas parmi celui-ci, j’ai eu l’opportunité de discuter avec les autres candidats et on a pu parler un peu de nos vidéos avant l’entretien (comment ça c’est de la triche ?!).

Appelé avec mes deux camarades du jour, nous rentrons dans la salle pour l’entretien. La seconde examinatrice est jointe par Skype mais la communication est très difficile car le son -provenant d’un smartphone- est de mauvaise qualité. Quelques bidouillages plus tard avec les haut-parleurs du bureau d’à côté, nous débutons les choses sérieuses.

L’épreuve débute par un entretien avec l’examinatrice physiquement présente (l’autre reste à l’écoute). Il s’agit là d’une présentation de soi-même qui dérive sur un dialogue. Cela dure environ 5 minutes par personne et on passe ensuite à la description de la vidéo.

Je décris donc ma vidéo à un de mes deux camarades qui peut éventuellement me poser des questions sur certains points et ensuite résumer ce qu’il a compris à l’examinatrice.

Vient ensuite le scénario de vol fictif. Chaque participant a une fiche détaillant son indicatif de vol, type d’appareil, position, intentions et situation d’urgence.
On s’imagine dans l’avion et on démarre chacun son tour la communication avec le contrôleur. Le rôle du contrôle aérien est assuré par l’autre examinatrice au bout du fil. Chacun déroule son vol comme il le souhaite à partir du scénario initial et décide quand introduire la situation d’urgence.

Le but ici est d’oublier que l’on est dans un bureau au sol, mais de s’imaginer dans son avion (un bureau en vol ?) et d’utiliser la phraséologie adéquate. Ce scénario dure une petite dizaine de minutes et vient ensuite l’heure du débriefing.

Nous quittons la salle pendant que les deux examinatrices d’Air-English revoient nos résultats et partagent leurs impressions.

Quelques minutes plus tard nous sommes rappelés dans le bureau et on nous annonce d’entrée notre résultat. Pour ma part ce sera le niveau 5 (YES !). L’examinatrice nous expose ensuite nos différentes erreurs et nous propose des moyens d’arriver à progresser.

Fin de cette matinée somme tout assez décontractée mais néanmoins sérieuse. L’organisation peut paraître borderline par moments, mais l’expérience générale de cet examen reste très positive. Les examinatrices sont très sympathiques et nous mettent à l’aise dès le départ.

J’ai maintenant le droit de faire la radio en anglais. Y’a plus qu’à !